Le vampire, ce monstre de fiction

Depuis le Vampire de Polidori en 1817, les buveurs de sang n’ont jamais cessé de marquer de leur présence la fiction littéraire, puis le cinéma. Mais cette omniprésence ne va pas forcément de pair avec une représentation unique de la créature. Car si le 19e siècle est marqué par l’ascendance noble du vampire, le livre de vampires de Polidori étant suivi par le Carmilla de Le Fanu et le Dracula de Stoker, l’arrivée des créatures aux dents longues dans le 20e siècle voit leur image changer peu à peu.

La créature garde sa part démoniaque, représentant toujours, au moins jusqu’aux années 80, ce mal absolu qu’il faut détruire à tout prix. Une créature mue par ses instincts qui sait utiliser ses pouvoirs pour toujours parvenir à assurer sa survie. Ainsi peut-on rattacher à cette conception certains films de vampires comme le Nosferatu de Murnau (dont le vampire n’a pas grand chose d’humain), le Dracula de Browning ou des récits comme ceux qui émaillent le Shambleau de Moore.

Mais Anne Rice initia un fort revirement, en permettant à ses personnages vampires une réelle introspection, et donc un contraste psychologique plus tangible. A l’image de Louis, le plus humain des vampires.

Aujourd’hui, alors que Twilight et la Bit-lit (ce que n’est assurément pas le roman de Meyer) semblent avoir acté des vampires chez lesquels l’Eros a pris le pas sur le Tanathos, on est en droit de se demander ce qui reste du monstre d’antan. Une créature sur-utilisée, qu’on dépouille peu à peu de tous ses attraits en la transformant en une nouvelle sorte de super-héros. Piquant, mais plus du tout effrayant.

Cet article a été publié par Chrysalide. 572 lectures