L’ours en peluche, le plus fidèle protecteur du sommeil des enfants.

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Ce fut un orage comme je n’en avais jamais connu… D’abord, ce fut un grondement lointain, un peu comme un long roulement de tambour… Puis, peu à peu, le bruit s’amplifia, se rapprocha, jusqu’à devenir énorme, terrifiant. Après le bruit, des éclairs jaillirent, zébrant la nuit d’une lumière fulgurante qui m’aveuglait par intermittence. Je me blottissais dans mon lit, tremblant comme les feuilles des arbres sous le vent dehors, devant ma fenêtre. Ils se balançaient frénétiquement, semblant fous de douleur et le craquement inquiétant de leurs branches ajoutait encore à l’angoisse qui me tordait le coeur. Brusquement tout cessa. De lourdes gouttes de pluie commencèrent à s’abattre sur les vitres. Je soufflais profondément, c’était fini.

Mais alors que je commençais à me détendre, un éclair plus puissant que les autres jaillit et l’arbre émit un craquement monumental. C’est alors que je le vis, lui, l’ancêtre qui abritait la cabane que mon père m’avait construite pour abriter mes jeux, s’ouvrir en deux comme sous l’effet d’une épée invisible à la lame implacable. Il s’ouvrit comme une fleur, et gémissant, s’effondra dans l’herbe trempée du jardin.

La frayeur que je ressentais en cet instant était insupportable et je crois bien que mes poils se hérissèrent en un réflexe animal. Je bondis de mon lit tel un clown hors de sa boîte et me mit à dévaler le couloir à toutes jambes. Il ne me fallut pas une minute pour me retrouver dans le lit de mes parents, chaudement pelotonné entre eux deux. Je me retournais vers mon père et le vit sourire.

Ce sourire me rassura. Ce n’était donc pas si grave. Mais si je retrouvais un peu de courage, il n’était pas suffisant cependant pour retrouver la solitude de ma chambre.

Ma mère se leva et fouilla quelques instants dans l’armoire. Son comportement m’intrigua. Que pouvait-elle bien chercher à cette heure?

Elle cacha quelque chose derrière son dos. Elle me demanda de deviner ce que cela pouvait être. J’étais curieux, mais encore un peu préoccupé par la tempête et je ne parvenais pas à me concentrer. Elle hocha la tête d’un air entendu et me tendit victorieusement une énorme peluche ours . Elle m’expliqua que les ours vivent dans la forêt et qu’ils n’ont pas peur de l’orage. Que ce n’était pour eux que l’occasion de danser au son du tambour et de faire une énorme fête.

J’avoue que le souvenir de l’arbre éventré par la foudre me faisait grandement douter de sa version des faits mais le jouet en peluche était si beau que je fis mine de me laisser convaincre. Enfin, je laissais tout de même transparaître quelques doutes car je craignais que sitôt que j’aurais cédé, mes parents ne me renvoient dans ma chambre.

Il n’en fût rien et tous les quatre, mon père, ma mère, mon nounours et moi dormirent ensemble.

Voilà, j’avais cinq ans et c’est l’un de mes plus beaux souvenirs d’enfance.