Services administratifs et collaborateurs de cabinet – Jean Luc Bœuf

Pour ce qui est des relations entre les élus, le directeur général des services et le cabinet, le jeu de la prise de décision doit être le fruit d’une collaboration permanente. Pour fonctionner, ce système nécessite une organisation et des relations particulières. Les relations entre élus et services sont façonnées par la relation particulière qui se noue, dans chaque collectivité locale entre chef de l’exécutif et chef de l’administration. Le chef de l’exécutif délègue l’essentiel de cette responsabilité au directeur général des services.

Placé de facto à la tête de l’administration, dont il dirige les services, le directeur général des services exerce tout à la fois la fonction de manager et gestionnaire. Le métier de directeur général des services consiste donc à participer à l’explicitation des orientations de la collectivité puis à leur mise en forme, avec l’équipe politique, d’un projet partagé par toutes les parties prenantes de l’action publique ainsi qu’à piloter l’organisation territoriale en cohérence avec les orientations préalablement définies par les élus et les cadres supérieur.

En effet, le projet électoral sur lequel l’équipe politique a été élue n’est pas un document opérationnel. A minima il convient d’y adjoindre un projet de mandat, voire un projet d’administration. Le pilotage de l’organisation, qui recouvre tant le management du changement que le management opérationnel, nous rappelle que les administrations locales allient une vocation d’intérêt général et la poursuite d’intérêts propres.

Trois réflexes sont nécessaires pour proposer ou prendre les bonnes décisions, en intégrant trois visions, entre réactivité et anticipation et que résument les trois verbes de comprendre, vouloir et agir.

Tout d’abord, il s’agit de comprendre une situation, un problème donné, un changement à conduire. Ceci commence par un diagnostic opéré à partir d’un constat mis en perspective dans un contexte plus global.

Puis ses différentes dimensions peuvent être analysées, souvent de manière systémique, afin de connaître précisément les différents processus et mécanismes à l’œuvre.

Ensuite, vouloir ou que faire. Une décision ne fait sens que si elle est cohérente avec le projet global de la collectivité. Elle doit correspondre à ses compétences et à ses domaines d’intervention, et s’inscrire dans les orientations de politiques publiques définies par l’autorité territoriale. Vouloir induit cependant des arbitrages en fonction de moyens financiers, humains, techniques, juridiques… forcément limités.

Enfin, agir ou comment le faire et avec quels acteurs. Car un même objectif pourra être atteint de différentes façons, souvent expérimentales et que l’on pourra évaluer en fonction de critères d’efficacité et d’efficience notamment.

En particulier, le choix du partenariat ou de la transversalité interne s’appuie sur la mise en œuvre de dispositifs managériaux à caractère horizontal comme l’animation d’un projet.

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