Petite histoire du cinéma et de la vidéo : Le Kinora

A partir d’appareils plus ou moins complexes, est apparu un concept simple qui devais connaître jusqu’à aujourd’hui un assez beau succès : le folioscope ou flip-book. C’est lui qui a donné des idées aux chercheurs pour construire les premières machines à feuilleter mécaniques comme le Kinora, objet génial signé par les frères Lumière !

Souvenez-vous, le folioscope est composé d’une reliure de feuillets, comme un carnet, portant des photographies ou dessins successifs de décomposition d’un mouvement, qui s’escamotent par échappement sous le pouce, comme lorsque qu’on feuillette rapidement un livre. Sur le même principe, en 1894, l’Américain Hermann Casier invente le Mutoscope. C’est la première machine qui applique le principe de la persistance de la vision étudié par Muybridge et Marey.

Les images sont prises avec un Mutograph, une des premières caméras photographiques, puis assemblées comme une roue et feuilletées mécaniquement plus ou moins rapidement selon la vitesse à laquelle on le manipule. Après avoir introduit une pièce de monnaie dans la machine et en actionnant la manivelle à la vitesse de 16 à 18 images par seconde, les images prennent vie. Le Mutoscope connaître un rapide succès aux Etats-Unis, dans ce qu’on appelle les penny arcades, sortes de salles de jeux de l’époque. Ce système a été populaire à peu près jusqu’en 1910, date à laquelle la concurrence des projections de cinéma lui a été fatale.

Le Kinora un folioscope mécanique

Adapté du Mutoscope d’Alfred Casier, mais simplifié, le Kinora est breveté par Auguste et Louis Lumière dès 1986. Il sera fabriqué et commercialisé par Léon Gaumont à partir de 1900, dans une version en bois plus sophistiquée, avec un verre grossissant pour mieux voir les images. L’appareil est actionné par un mécanisme à ressort et utilise une roue d’images plus petite que celle du Mutoscope. Il suffit de le placer devant une fenêtre, le jour, et devant une lampe le soir, pour voir se dérouler à l’intérieur le rouleau regroupant plusieurs centaines d’images photographiques successives. Ce rouleau est actionné automatiquement par un mouvement d’horlogerie, et chaque image est accrochée et retenue un court instant par un doigt métallique. Ce génial appareil fait le lien entre le livre, la succession de dessins qui préfigure le dessin animé et l’image animée qui donnera naissance au cinéma.

Le Kinora Anglais

Il s’agit de modèles soit construits sur la base d’un plan de bois incliné, soit sur un pied avec double lentille de vision (breveté en Angleterre par B. Koopman en 1901) pour faciliter la vue à plusieurs personnes. Hermann Casler dépose des brevets à Paris et à Londres pour cette version moins sophistiquée de son Mutoscope. Elle s’apparente à un simple feuilleteur que l’on appellera plus Viewer.

Le cinématographe jouet

En 1900, un cinématographe de poche pour les enfants est produit par un fabricant de jouet français. Les images sont montées sur une bande de papier continue qui s’actionne en boucle à l’intérieur d’une boîte en carton grâce à une manivelle.

Astucieusement, la tension de la bande d’images est assurée par une boule placée à l’intérieur. Les images, retenues par un doigt métallique, se relèvent successivement lorsqu’on tourne la manivelle, donnant l’impression de mouvement, selon le même principe que le Kinora.

Cet article a été publié par frederic.vdb. 710 lectures