Balnéo et thalassothérapie sont-elles encore des disciplines opposées en France ?

Une classification qui remonte à l’Antiquité

Dans la classification du bien-être, on distingue les soins dits humides, utilisant de l’eau, des soins secs, par exemple les massages.
Dans les soins humides, une distinction est faite entre ceux à l’eau douce pour les séjours balnéo de ceux à l’eau de mer dans des centres de thalassothérapie. Mais cette distinction possède-t-elle toujours une utilité ?

Les promoteurs de la distinction sont les centres de thalasso, justifiant la supériorité de leur discipline par la composition chimique de l’eau de mer qui est plus riche que la plupart des eaux de source. Et c’est exact. Mais pour quoi faire ?

Il y a encore quelques années, les curistes venaient en thalassothérapie dans le but essentiel de préserver leur capital santé, par un séjour de type médical.

Une classification dépassée ?

Mais le début du nouveau millénaire a marqué une rupture, avec des curistes en attente surtout de détente. L’eau n’est plus perçue comme un médicament potentiel, ce que la thalassothérapie avait créée comme image, mais comme quelque chose d’agréable, et qui permet donc de se détendre. Pour les centres de thalassothérapie, le changement de perception a des conséquences importantes : l’argumentaire « c’est bon pour la santé » (qui semble d’ailleurs justifié dans les faits) n’a plus d’intérêt quand les acheteurs attendent « ça va vous détendre ».

En 2012, les curistes attendent parfois des cures thalasso ou balnéothérapie spécifiques comme le sont les cures minceur ou post-natales, mais ce qu’ils attendent surtout, c’est de se détendre rapidement au cours de leurs vacances qui ont fondu comme neige au soleil et qui ne durent désormais que quelques jours au lieu des 3 ou 4 semaines comme c’était le cas il y a 20 ans, une éternité…

Après un premier choc dû à la surprise et à une difficulté à trouver le bon positionnement, les centres de thalassothérapie ont réagi en modifiant leur offre : changement de décor, adieu clinique, on se rapproche davantage de l »ashram indien ou de l’atoll polynésien… Changement de discours, le terme « santé » a été remplacé par « bien-être ». Changement de protocoles : moins de soins humides et davantage de massages. Mais quand est-il de la distinction par les eaux jadis si importante ?

Elle demeure pertinente pour ceux qui cherchent un bienfait physique à leur séjour. L’eau douce, souvent appelée eau de source par les centres de balnéo, porte un autre nom moins bucolique : l’eau de canalisation… L’eau de mer, elle, chauffée peut passer dans l’organisme et l’enrichir en sels minéraux qui la composent. Mais ce qui était autrefois un argument unique est désormais davantage un supplément d’âme.

La thalasso en France comme dans le reste du monde a dû s’adapter à un changement d’attente de la clientèle, changement appelé par la montée du stress et des tensions dans notre société désormais soumise à la concurrence du village mondial, et qui doit justifier chaque jour la supériorité de son niveau de vie par une productivité accrue.